© ROSSEL ET CIE sa, LE SOIR EN LIGNE, BRUXELLES, 2003

La tradition carnavalesque bruxelloise a disparu avec la Première Guerre mondiale. Mais pour l'historien Jean-Paul Heerbrant, elle renaît grâce à la Zinneke.

De la zwanze à la Zinneke Parade

L'invité du samedi ENTRETIEN

ANNE-CÉCILE HUWART



Jean-Paul Heerbrant travaille depuis cinq ans à la Fondation Albert Marinus, à Woluwe-Saint-Lambert. En tant qu'historien, il étudie les traditions populaires et folkloriques à Bruxelles.

Pourquoi n'y a-t-il pas de carnaval à Bruxelles ?

Bruxelles connaissait le carnaval depuis le Moyen Age. Notre capitale avait aussi ses arlequins, ses colombines, ses travestis,... Mais la première occupation allemande et la grippe espagnole, vers 1914, mirent un terme à la tradition. Elle a un peu repris durant l'entre-deux-guerres mais sans réel engouement. Bruxelles ne possédait pas de personnage emblématique comme Binche ou Stavelot.

On compte quand même quelques géants, comme à Saint-Gilles ou à Watermael-Boitsfort...

Il en existe une centaine au total à Bruxelles. Mais ils ne représentent que certains quartiers. Pas l'ensemble de la communauté bruxelloise.

Cette absence de carnaval est-elle propre aux grandes villes ?

Bruxelles accueille des provinciaux et des étrangers d'un peu partout. C'est difficile d'avoir un esprit fédérateur. Et puis, au début du siècle dernier, le carnaval ne plaisait pas aux bourgeois bruxellois qui dirigeaient les affaires. Il a d'ailleurs toujours contrarié ceux qui détenaient le pouvoir. Le carnaval, c'est le monde cul par-dessus tête , où tout est permis. C'est le désordre. Il a ainsi conduit Paris à la révolution, en 1848...

Bruxelles a quand même l'Ommegang...

L'Ommegang tient davantage du spectacle organisé que du carnaval. C'est la recréation d'une procession religieuse. Et la Zinneke Parade ? La première édition m'avait laissé un peu perplexe. Mais à la deuxième, j'ai senti que la sauce prenait... On y retrouve les mêmes éléments que dans un carnaval : la spontanéité, la fête, la longue préparation dans les associations... De plus, la Zinneke Parade est l'expression de ce qu'est Bruxelles intrinsèquement : multiculturelle.

Vous semblez l'apprécier.

Je vis à Matonge depuis 25 ans ! J'aime son côté vivant. On peut trouver un magasin encore ouvert ou quelqu'un à qui parler à 4 heures du matin ! Cela dit, Bruxelles paie aussi le prix de son internationalisation. L'habitat ancien n'était pas fait pour accueillir tous ces bureaux, engendrés par la Communauté européenne ou l'Otan.

Vous vous promenez souvent la nuit. Le sentiment d'insécurité ne vous est donc pas familier !

Non. Pour moi, c'est un mythe. Je rentre tard tous les week-ends et je n'ai jamais été embêté. Bien sûr, il ne faut pas faire de mon cas personnel une généralité... Mais je pense qu'on monte certaines choses un peu trop en épingle.

Les caméras de surveillance qu'installent certaines communes ne vous séduisent donc pas.

On ferait mieux d'investir dans des équipes de prévention, d'offrir des aires de jeu et de sport aux quartiers difficiles... Certains ont été laissés à l'abandon pendant des années. A présent, on paie le prix de cette inertie. Et on resserre la vis avec des caméras... On réagit dans l'immédiat avec des mesures qui plaisent à l'électorat.



************REPÈRES**************

Nom. Jean-Paul Heerbrant.
Age. 45 ans.
Etudes. Licencié en histoire, à l'Université libre de Bruxelles.

Parcours.
 Il a passé quinze ans à la Bibliothèque royale. Inscrit à des cours du soir de chinois, il obtient une bourse et part pour la Chine. Après la tragédie de la place Tian Anmen, en 1989, il rentre en Belgique. En 1998, il arrive à la Fondation Albert Marinus, rue de la Charrette, à Woluwe-Saint-Lambert. Celle-ci est spécialisée dans l'étude et la promotion des traditions populaires et folkloriques. Il y coordonne les activités, les visites, les conférences... En septembre s'y tiendra une exposition sur l'histoire de la chaussure. . .

J'ai un petit côté concierge

États d'Ame

La deuxième couronne ou le Pentagone ? Vive le centre ! J'ai pourtant vécu une enfance verte, à Auderghem. Mais j'aime la vie, le mouvement, pouvoir me déplacer à pied où je veux, quand je veux. Je suis un vrai piéton. Marcher est selon moi la seule manière de découvrir une ville. Tous ces petits détails sur les façades : les sgraffites, les carrelages colorés, passent inaperçus en voiture.

Paris ou Bruxelles ? A l'échelle des capitales européennes, Bruxelles a cet avantage d'être une ville de province... A pied, on va partout. De plus, les loyers sont encore abordables. Et il y a énormément d'espaces verts.

De Walvis ou la Mort Subite ? De Walvis. Ce nouveau bar en bordure du canal est très réussi. J'adore m'installer en terrasse et faire semblant de lire un journal pour regarder les gens. Celle du Métropole est un très bon observatoire ! J'ai un petit côté concierge, comme tous les historiens... La Mort Subite a quant à elle perdu son âme. On retrouve cet endroit mythique dans tous les guides touristiques. Tant mieux pour l'établissement, mais, aujourd'hui, il n'a plus rien de bruxellois. Il faut parfois préserver l'authentique.

Un Bruxellois, c'est quoi ? Quelqu'un qui a conscience de l'endroit où il vit. Qui connaît sa ville et qui, malgré tout, continue à l'aimer. C'est aussi quelqu'un de très terre à terre, avec un humour et un esprit particuliers. La zwanze n'est pas entièrement perdue ! .

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Bibliographie



Hossam ELKHADEM, Jean-Paul HEERBRANT, Liliane WELLENS-DE DONDER, Roger CALCOEN, Cartes des Amériques dans les collections de la Bibliothèque royale Albert Ier, Bruxelles, Bibliothèque royale Albert Ier, 1992,am ELKHADEM, Jean-Paul HEERBRANT, Liliane WELLENS-DE DONDER, Roger CALCOEN, Kaarten van Amerika in de verzamelingen van de Koninklijke Bibliotheek Albert I, Brussel, Koninklijke Bibliotheek Albert I, 1992, 168 p.

Le Cartographe Gérard Mercator 1512-1594, Bruxelles, Crédit Communal, 1994:

Hossam ELKHADEM, Jean-Paul HEERBRANT, Liliane WELLENS-DE DONDER & Roger CALCOEN, "Mercator dans les collections de la Bibliothéque royale Albert Ier", pp. 1-111. - Els OTTE & Dirk IMHOF, "Mercator dans les collections du Musée Plantin-Moretus", pp. 113-132. - Alfred VAN DER GUCHT, "Mercator dans les collections du Koninklijke Oudheidkundige Kring van het Land van Waas", pp. 133-151.

Gerard Mercator Cartograaf, 1512-1594, Brussel, Gemeentekrediet, 1994:

Hossam ELKHADEM, Jean-Paul HEERBRANT, Liliane WELLENS-DE DONDER & Roger CALCOEN, "Mercator in de verzamelingen van de Koninklijke Bibliotheek Albert Ier, pp. 1-111 p.

Hossam ELKHADEM & Jean-Paul HEERBRANT, Bibliotheca Mercatoriana, Bruxelles 1994, Bibliothèque royale Albert Ier, 102 p.

Feuillets d'information de la Fondation Albert Marinus, n°55/1999 (36 pages, 4 ill. en n. et bl., format 21 x14). Au sommaire, un nouvel épisode de la chronique de Jean-Paul Heerbrant, Fêtes et théâtre dans les Provinces-Unies à l'époque baroque. L'auteur relate la Joyeuse Entrée à La Haye le 5 février 1691 de Guillaume d'Orange, devenu Guillaume III, roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, et de son épouse Mary II Stuart. Abonnement annuel à la revue trimestrielle: 200 BEF (4,96 e) à verser au compte n° 310-0615120-32 de la Fondation Albert Marinus, rue de la Charrette, 40 à 1200 Bruxelles. Renseignements: tél. et fax 02/761 27 57.

La médecine : André Vésale / Jean-Paul HEERBRANT. -- p. 124-129 : ill., port. -- In: Bibliothèque de l'Université de Mons-Hainaut, 1897 -1997. Mons : UMH, Université de Mons-Hainaut, 1997. (OCoLC)39184829. 2873250070. -- NOT IN STOCK ('Current work' citation) -- Vesalius, Andreas, 1514-1564. -- Anatomy / history.

http://www.kbr.be/info/act/pub/monografieen_fr.html

Bibliotheca Mercatoriana par Hossam Elkhadem & Jean-Paul Heerbrant.

Bibliothèque royale Albert Ier, oct. 1994, 30 cm, 192 p.

Bibliotheca Mercatoriana door Hossam Elkhadem en Jean-Paul Heerbrant. Brussel: Koninklijke Bibliotheek Albert I, okt. 1994, 30 cm, 192 p.
5,00 EUR

http://www.huisvanalijn.be/nl/publicaties/boeken.html

Mannen met baarden: over de tuinkabouter
Gust De Meyer, Jean-Paul Heerbrant, Harlinda Lox, Marc Jacobs, Van Halewyck, 2001, 102 p.: ill.
12.40 EUR

Voor deze catalogus zochten we enkele auteurs om vanuit hun belangstellingssfeer en werkterrein een artikel te wijden aan de tuinkabouter, vertrekkende van de vragen die door het bestaan, het uitzicht en de wijze waarop mensen met dit object omgaan, worden opgeroepen. Gust De Meyer opent ons de ogen en neemt ons mee naar de voor- en achtertuintjes van menig creatieveling. Vanuit cultuursociologische hoek wordt ons een boeiend betoog gebracht over het wel en wee van de tuinkabouter en zijn beschermeling. Jean-Paul Heerbrant verdiept zich in de oorsprongsverhalen van de tuinkabouter en brengt een kritisch en gefundeerd historisch overzicht. Harlinda Lox leidt ons binnen in de wereld van de sprookjes. Marc Jacobs reflecteert in zijn bijdrage over de tuinkabouter als indicator van sociale bewegingen en collectieve acties op wereldwijd vlak. Daarnaast wordt de tuinkabouter binnen het kader van de cybercultuur gesitueerd.


Site web de la fondation Marinus :
           http://www.albertmarinus.org/

Fondation Albert Marinus
 rue de la Charrette, 40

 1200 Bruxelles